L'assaillant était sous l'emprise d'alcool et de stupéfiants — Attaque d'Orly

Leopold Bellegarde
Mars 20, 2017

L'assaillant se trouvait dans " une sorte de fuite en avant avec un processus de plus en plus destructeur " , a commenté samedi soir le procureur de Paris François Molins.

Ziyed Ben Belgacem avait jeté au sol un sac contenant un bidon d'hydrocarbures juste avant l'attaque. Le Procureur de la République de Paris, François Molins, tiendra une conférence de presse à 19H30. Les militaires ont tiré huit balles pour neutraliser l'agresseur qui avait réussi à arracher son fusil d'assaut à leur collègue après plus de deux minutes de lutte acharnée. "Il essaie de se protéger, il ne va pas lâcher prise".

Selon les témoignages des militaires agressés, l'homme aurait alors déclaré "Posez vos armes, mains sur la tête. Je suis la pour mourrir par Allah, de toute façon, il va y avoir des morts".

Hier, le frère et le cousin de l'assaillant ont également été entendus par la police dont l'enquête doit cerner la personnalité d'un homme décrit comme "discret", "froid" et "renfermé", tant par des voisins de l'appartement qu'il occupait à Garges-lès-Gonesse que par un surveillant de l'administration pénitentiaire pour qui il était également "un suiveur".

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"Jamais il n'a fait la prière et il boit..."

..." Mais sous l'effet de l'alcool et du cannabis, voilà où on en arrive. "Lorsque je suis arrivé, c'est là que j'ai appris que la police avait fait son travail. Un homme de la sécurité nous a dit que ça s'était passé porte 37-38, sur les vols de la Turkish Airlines", a ajouté Franck Lecam. C'est un choc, mais qu'est-ce que vous voulez? C'est la fréquentation et la drogue.

Attaque d'Orly : l'assaillant a dit "Je suis là pour mourir par Allah"
Il aurait également proféré des menaces dans un bar à l'encontre des clients avant de reprendre sa route vers l'aéroport d'Orly. Mais, selon des sources proches de l'enquête, il y est bien parvenu au cours d'un corps-à-corps.

Un profil — Ziyed Ben Belgacem
Une enquête a été ouverte notamment pour tentative d'homicide et d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Il parvient au cours d'un corps-à-corps "assez long" à s'emparer de l'arme de la militaire, un fusil-mitrailleur Famas.

Qui est Ziyed Ben Belgacem, l'assaillant d'Orly?
Pour lui, son fils a été pris dans un engrenage, a payé ses "fréquentations" et une dérive dans la drogue. Une autopsie doit avoir lieu dimanche pour déterminer si l'homme était sous l'emprise de stupéfiants.

Selon des sources proches de l'enquête, Ziyed Ben Belgacem était fiché "J" au Fichier des personnes recherchées (FPR), en raison de son placement sous contrôle judiciaire pour des faits de vol à main armée, mais il n'était pas recherché. Il y a aussi les propos tenus devant les militaires par Zyed Ben Belgacem, un individu " repéré comme radicalisé à l'occasion d'un passage en détention au cours des années 2011 et 2012 ". Son casier comporte "neuf mentions" pour des faits de droit commun, et il avait fait plusieurs passages en prison pour des affaires de vols et de trafic de stupéfiants, le dernier en 2016.

Son père ne pense pourtant pas que Belgacem était un terroriste. Toutefois, une perquisition menée à son domicile en 2015 dans le cadre de l'état d'urgence n'avait " rien donné ".

Aucune complicité éventuelle n'a été établie à ce stade: les gardes à vue d'un frère et d'un cousin de l'assaillant, qui s'étaient présentés d'eux-mêmes samedi au commissariat, ont été levées dimanche soir, quelques heures après celle du père, laissé libre dès samedi soir.

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.

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