Turquie. "Pratiques nazies" : Erdogan s'en prend (encore) à Merkel

Marcel Micheaux
Mars 21, 2017

"Mais tu a recours en ce moment à des pratiques nazies", a lancé M. Erdogan à l'adresse de la chancelière.

Jeudi, le président français François Hollande a fait part de la "solidarité" de la France envers l'Allemagne suite aux "attaques diplomatiques de la Turquie", selon un communiqué de l'Élysée publié ce jeudi à l'issue d'une conversation téléphonique entre François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel au sujet de la "tension entre la Turquie et certains Etats membres de l'Union européenne".

"Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles", lui a répliqué le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel dans le quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi.

L'Allemagne est un vrai enjeu pour le président turc: elle héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires.

Berlin juge "inacceptables" les propos d'Erdogan — Pratiques nazies
Les tensions sont exacerbées entre la Turquie et plusieurs pays européens, depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a multiplié les charges verbales virulentes contre eux.

Berlin tente de calmer le jeu avec la Turquie — Pratiques nazies
La chancelière allemande réagissait à de nouvelles attaques à son encontre proférées par le président turc Erdogan. Cet accès de tension écarte un peu plus encore la perspective d'une intégration de la Turquie à l'UE.

Berlin menace d'interdire les meetings pro-Erdogan
Pour autant, Berlin, tout en accusant les responsables turcs d'avoir "franchi une limite" avec la mention du nazisme, fait tout pour éviter un affrontement direct.

"Est-ce que Monsieur Erdogan a encore tous ses esprits?", s'est interrogé la vice-présidente de la CDU, Julia Klöckner.

Dans un nouvel accès de fureur, la direction turque a annoncé dimanche avoir convoqué l'ambassadeur d'Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d'une manifestation de Kurdes lors de laquelle avaient été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, et avaient été lancés des appels à voter non au référendum du 16 avril.

Dans une interview publiée samedi par le magazine Der Spiegel, le chef des services de renseignement extérieurs allemands (BND), Bruno Kahl, déclare que la Turquie n'est pas parvenue à convaincre l'Allemagne que Fethullah Gülen était bien le "cerveau " du putsch manqué. Il l'a accusé de "pratiques nazies", en référence à l'interdiction de meetings électoraux en faveur du oui au référendum turc du 16 avril. Les Pays-Bas, qui ont également empêché la venue de ministres turcs, ont été accusés dans les mêmes termes. "La Turquie est en train d'évoluer vers un Etat autoritaire", a estimé l'ancien président du Parlement européen sur la chaîne publique allemande ARD.

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