Trois morts dans des manifestations contre le président Maduro — Venezuela

Vanessa Beaulieu
Avril 21, 2017

"Les Etats-Unis, le département d'Etat, ont donné leur feu vert et leur approbation à un processus putschiste effronté en vue d'une intervention au Venezuela ", a affirmé M. Maduro. " Demain à la même heure, nous appelons le peuple vénézuélien tout entier à se mobiliser, " a déclaré mercredi le dirigeant de l'opposition Henrique Capriles lors d'une conférence de presse.

Réunie dans une coalition appelée la Table pour l'unité démocratique (MUD), l'opposition galvanise la population depuis plusieurs semaines, la conviant à prendre les rues d'assaut pour exiger le départ du président Maduro. L'opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, veut obtenir le départ anticipé du président socialiste, arrivé au pouvoir en mars 2013 après la mort de Hugo Chavez, charismatique leader du pays pendant 14 ans.

Des centaines de milliers d'opposants ont défilé mercredi à Caracas et dans de nombreuses autres villes du Venezuela.

Une jeune femme de 23 ans a elle aussi "reçu un tir dans la tête" à San Cristobal, dans l'ouest du Venezuela, a indiqué une source du parquet. D'après des témoins, les auteurs des tirs font partie dans les deux cas des "colectivos", ces groupes de civils armés par le gouvernement selon l'opposition.

"Ils viennent d'assassiner un garde national à San Antonio de los Altos, les "pacifiques", a-t-il précisé. Le parquet a aussi annoncé la mort d'un militaire.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des troubles sporadiques se poursuivaient dans certains quartiers de Caracas et d'autres villes. "Je m'en fiche d'avaler du gaz, je m'en fiche de mourir, mais nous devons sortir de cette merde de gouvernement assassin et répressif", a déclaré à l'AFP Natasha Borges, 17 ans, venue protester.

A Caracas, des manifestants brandissant des drapeaux vénézuéliens ont bloqué une grande artère, aux cris de "A bas la dictature" et de "Maduro dehors".

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Mais c'est une séquence toute particulière entre les deux journalistes qui a retenu l'attention des internautes. Finalement, ce dernier round télévisé sera composé de deux parties.

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Une vingtaine de stations de métro et de nombreux commerces de Caracas ont été fermés.

M. Maduro a activé mardi un plan de défense renforçant la présence policière et militaire pour déjouer un "coup d'État terroriste" fomenté selon lui par les États-Unis, une accusation rejetée par Washington. La fait qu'un policier ait été tué mercredi dans la banlieue de Caracas, sans qu'on sache s'il s'agit d'une manipulation ou pas, pourrait donner au pouvoir le prétexte de réprimer davantage une opposition au sein de laquelle l'envie d'en découdre n'a jamais été aussi forte.

Le représentant intérimaire des États-Unis à l'OEA Kevin Sullivan, a rejeté " les allégations infondées et déraisonnables faites par le représentant du Venezuela à propos de notre soutien à un coup au Venezuela ainsi qu'à des manifestations violentes ".

"Nous sommes préoccupés par le fait que le gouvernement de Maduro viole sa propre Constitution et n'autorise pas l'opposition à faire entendre sa voix", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.

Freddy Guevara, vice-président de l'Assemblée nationale contrôlée par l'opposition, l'avait appelée la "mère de toutes les manifestations ".

L'opposition a dénoncé une tentative de coup d'Etat mais paradoxalement cet épisode lui a aussi donné un nouveau souffle, l'amenant à dépasser ses divisions intestines, et a relancé la mobilisation populaire à ses côtés, assoupie ces derniers mois. "Ainsi, plus les protestations seront fortes, plus la répression sera importante", estime Diego Moya-Ocampos, un analyste du cabinet britannique IHS.

L'opposition vénézuélienne appelle à de nouvelles manifestations ce jeudi contre le président.

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