La demande de l'opposition d'annuler le référendum a été rejetée — Turquie

Aubin Brasseur
Avril 22, 2017

La campagne pour le référendum en Turquie sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan s'est déroulée dans des conditions inéquitables, a estimé lundi une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe. L'opposition dénonce des irrégularités.

Le président Erdogan a plusieurs fois dit pendant la campagne que les partisans du "non" au référendum faisaient le jeu des "organisations terroristes" et des putschistes.

Faisant fi des contestations de l'opposition, le parti au pouvoir (AKP) a d'ores et déjà annoncé qu'il proposerait fin avril à M. Erdogan de retrouver sa place dans ses rangs, premier point de la réforme -il ne pouvait jusqu'alors pas rejoindre un parti-, dont la plupart des volets entreront en vigueur après les élections présidentielles et législatives de 2019.

La question se pose désormais des relations avec l'Europe, égratignées pendant la campagne.

"Globalement, le référendum n'a pas été à la hauteur des critères du Conseil de l'Europe", a déclaré Cezar Florin Preda, le chef de la délégation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

Les deux principaux partis de l'opposition turque, le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde), ont dénoncé cette mesure prise par le Haut-Conseil électoral (YSK) de valider ces bulletins, annonçant leur intention de déposer un recours. L'opposition y a vu une manoeuvre rendant possible des fraudes.

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"Des modifications tardives dans la procédure de comptage (des voix) ont supprimé un important garde-fou" contre les fraudes, selon le rapport des observateurs. "Nous déciderons demain si nous portons l'affaire devant la Cour constitutionnelle ou devant la Cour européenne des droits de l'homme", a déclaré à la presse le vice-président du parti laïque, Bülent Tezcan. Pourquoi? Parce que non seulement ces bulletins ont été tenus pour valides mais, en plus, n'ont pas été enregistrés à part. Il a ajouté ne pas savoir combien de bulletins sans sceau officiel avaient été utilisés.

Cette révision de la Constitution prévoit notamment le transfert du pouvoir exécutif au président, qui pourra gouverner par décrets, et la suppression de la fonction de Premier ministre. Cette institution cristallisent les critiques.

Le candidat du mouvement En Marche! a quant à lui qualifié le référendum de "dérive autoritaire", et a affirmé qu'il n'y aurait "pas d'avancée" dans les discussions d'intégration de la Turquie à l'Union européenne s'il est élu.

Dans un discours dimanche soir, le président turc a évoqué l'organisation d'un référendum sur le rétablissement de la peine de mort, ce qui constitue une ligne rouge pour l'Union européenne dans le processus d'adhésion de la Turquie.

Avec sa victoire, M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet, pourrait en théorie rester à la tête de l'État jusqu'en 2029.

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