Le couple Jacob nie mais n'a pas d'alibi "confirmé"

Henri Michaux
Juin 17, 2017

C'est une information qui avait déjà été donnée jeudi, le procureur parlant alors de preuve "confondante, " issue, on le sait pour celle-ci, des nouvelles expertises graphologiques.

JUSTICE Grand-oncle et grand-tante du petit Grégory, les deux septuagénaires ont été mis en examen, ce vendredi, pour " séquestration " suivie de mort et tous les deux placés en détention... La grand-mère de Jean-Marie Villemin, recevant l'essentiel des mystérieux appels, tiendra d'ailleurs avec son mari le "registre des corbeaux".

Il a précisé qu'il allait rapidement demander "la nullité de la mise en examen" de son client, qui aurait dû, selon lui, seulement être placé sous le statut de témoin assisté. Les deux personnes font l'objet d'une mesure d'incarcération provisoire, qui a été dictée dans le souci d'empêcher une concertation frauduleuse et toute forme de pression entre les protagonistes qui serait de nature à nuire aux investigations. Les Jacob "ne présentent pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé", a-t-il ajouté. La chambre de l'instruction doit se réunir mardi matin pour décider du maintien ou non en prison des deux époux.

L'enquête démontre les relations délétères qu'entretenait le couple Jacob avec les parents du petit Grégory, Jean-Marie et Christine Villemin. Elle n'a donc pas répondu aux questions de la justice, qui la soupçonne d'avoir participé à l'enlèvement.

Face à une nuée de journalistes, le procureur est alors revenu sur les trois lettres du corbeau datant de 1983, sur la lettre reçue le jour du crime et sur les appels téléphoniques anonymes.

Le clan Jacob-Villemin au cœur de l'enquête — Affaire Grégory
Les soupçons se sont orientés vers la septuagénaire après l'analyse d'un courrier anonyme adressé au père de Grégory en 1983 . Marcel Jacob, 72 ans, était en mauvais termes avec le père de Grégory , dont il considérait l'ascension sociale illégitime.

Affaire Grégory: le couple Jacob nie mais n'a pas d'alibi "confirmé"
Un incident, cité par le procureur, a particulièrement retenu l'attention des enquêteurs. Jacqueline Turiot et Marcel Jacob , grande-tante et grand-oncle du petit Grégory .

Grégory La grand-tante inculpée pour enlèvement et séquestration
Les grands-parents paternels de l'enfant avaient également été entendus comme témoins à leur domicile dans les Vosges. Si la mise en examen de Jacqueline et Marcel Villemin semble lever certains doutes sur l'enquête, il n'en est rien.

Qui sont Jacqueline et Marcel Jacob?

De nouvelles expertises sur une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée au père de Grégory en 1983, avant la mort de l'enfant, orientent les soupçons des enquêteurs sur Jacqueline Jacob. Tout a commencé en 1981, au moment où le père du petit garçon, Jean-Marie Villemin venait d'obtenir une promotion en tant que contremaître dans une usine automobile. Le procureur a jugé ses déclarations "peu crédibles".

Je ne sers pas la main d'un chef.

"On n'a aucun élément matériel, rien" à leur encontre, "on a mis la charrue avant les bœufs", a réagi Me Stéphane Giuranna devant les médias, après la conférence de presse du procureur général de Dijon. "Nous ne savons pas en l'état actuel du dossier de quelle façon est mort Grégory".

Rebondissements en chaîne ces derniers jours dans l'affaire de la mort de Grégory Villemin, 32 ans après les faits. AFP Bernard Laroche, inculpé du meurtre de son neveu, Grégory Villemin, arrive le 5 novembre 1984 au tribunal d'Epinal, escorté par les gendarmes qui viennent de l'arrêter. Il avait été dénoncé par Murielle Bolle, sa belle-sœur, en 1985.

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