Conflit sur le scrutin — Référendum en Turquie

Aubin Brasseur
Avril 20, 2017

L'annonce du résultat du référendum a enchanté Donald Trump et Vladimir Poutine, qui ont appelé leur homologue turc, Recep Tayyip Erdogan dès le lendemain du référendum, lundi 17 avril, afin de le féliciter.

La décision de l'YSK a conduit le président du CHP, Kemal Kilicdaro&;lu, à déclarer que la légitimité du referendum était mise en cause. Il évoque des pressions sur les électeurs.

L'opposition dénonce notamment une décision de dernière minute de l'YSK de considérer comme valides les bulletins de vote non marqués du sceau officiel des scrutateurs.

Le score serré traduit les divisions de la société turque. Si le 'oui' l'a largement emporté dans les régions rurales conservatrices, le 'non' est nettement en tête dans les grandes villes comme Istanbul, Izmir, mais aussi dans le Sud-Est, à population majoritairement kurde. En dépit des critiques, le parti au pouvoir (AKP) a d'ores et déjà annoncé qu'il proposerait fin avril au président turc de retrouver sa place dans ses rangs, premier volet de la réforme constitutionnelle élargissant les prérogatives présidentielles.

Le président Erdogan dispose de tous les pouvoirs, sans contre-pouvoirs constitutionnels qui puissent l'inquiéter.

En réponse au rapport des observateurs internationaux, qui ont jugé le processus référendaire non conforme aux normes démocratiques, le président Erdogan leur a répondu, " restez chez vous ".

"15 minutes pour convaincre" : l'ordre de passage dévoilé
Ce jeudi 20 avril, face à David Pujadas et Léa Salamé, chacun aura 15 minutes pour tenter de convaincre les électeurs. C'est vers 22h45 que les onze candidats - qui auront patienté dans leur loge - se retrouveront sur le plateau.

Orange lancera sa banque mobile début juillet
Le groupe français a dévoilé jeudi "Orange Bank", sa nouvelle offre de banque mobile, lors de son cinquième show pour l'innovation ("Hello show").

Bastia ferme une tribune et porte plainte
S'il a décidé de donner sa version des événements, le fan corse n'excuse pas le comportement d'une partie des supporters. A cette occasion, le club avait également écopé d'une sanction d'un point de retrait avec sursis.

La Turquie est l'un des 47 pays membres du Conseil de l'Europe, plus importante organisation des droits de l'homme du Vieux continent.

L'Union est embarrassée pour critiquer l'évolution du régime, de crainte d'aggraver le raidissement d'Erdogan, voire de le pousser à répudier l'accord sur les migrants d'il y a un an, même si ça ne serait pas dans son intérêt. "La mentalité de croisés de l'Occident et de ceux qui, chez nous, la servent, nous a attaqués!", a-t-il dit.

M. Erdogan a en outre répété lundi qu'il promulguerait le rétablissement de la peine de mort si le Parlement votait en ce sens, se disant prêt à convoquer une autre consultation populaire sur la question. Paris a averti lundi qu'une telle mesure provoquerait une "rupture" avec l'Europe. Il est faux de prétendre, comme l'a fait le premier ministre en sursis Binali Yildirim - bientôt vice-président?

Le gouvernement a prolongé pour trois mois l'état d'urgence en vigueur depuis la tentative de putsch de juillet dernier. "Nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer ", a lancé M. Erdogan dans un discours devant des milliers de sympathisants massés à son palais, dans la périphérie d'Ankara.

En Allemagne, où vivent quelque quatre millions de Turcs, la chancelière Angela Merkel et son ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, ont dit "respecter" le droit des Turcs à décider de leur Constitution tout en invitant Ankara au dialogue après la victoire du "oui".

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