Plusieurs milliers de personnes manifestent contre le président Temer — Brésil

Vanessa Beaulieu
Mai 20, 2017

L'étau s'est encore resserré vendredi sur le président brésilien Michel Temer, accusé d'obstruction à la justice dans un document juridique officiel, alors qu'il tente de manœuvrer pour éviter la défection de ses alliés politiques.

"Cette semaine, mon gouvernement a connu son meilleur et son pire moment [.] L'optimisme était de retour et les réformes avançaient, mais hier, la révélation d'un enregistrement clandestin a fait resurgir le spectre d'une crise politique aux proportions encore inconnues", a évoqué le président Michel Temer, rappelant les chiffres encourageant de l'inflation et les perspectives d'un retour de la croissance, deux ans après une récession continue.

Cette demande d'enquête, rendue publique vendredi, s'appuie sur un accord noué avec la justice par le magnat de l'agroalimentaire Joesley Batista, dont les révélations explosives ont déclenché un véritable séisme.

Le journal O Globo révèle que M. Temer a rencontré le 7 mars Joesley Batista, un des propriétaires du groupe J&F, qui contrôle notamment le géant de la viande JBS.

Ce dernier s'est enregistré secrètement alors qu'il expliquait au chef de l'Etat qu'il versait des sommes d'argent à Eduardo Cunha, ex-président de la chambre des députés, actuellement en prison, pour acheter son silence. La Cour Suprême du Brésil a autorisé ce jeudi une enquête visant le président, a indiqué l'agence d'État Agencia Brasil.

Malgré la tempête politique, le président brésilien Michel Temer continue de s'accrocher au pouvoir. "Je ne démissionnerai pas".

La base parlementaire semble divisée et le ministre de la Culture, Roberto Freira, a présenté sa démission en fin d'après-midi, selon son service de presse. Vendredi, l'heure était aux grandes manœuvres et le président a réuni certains ministres. Selon une source de la présidence, le gouvernement travaille sur trois fronts pour tenter à revenir à la normalité: le front politique, le judiciaire et l'économique.

Ses ennuis ne s'arrêtent pas là: le Tribunal supérieur électoral examinera bientôt la validité de la dernière élection présidentielle, un procès pour financement illégal de campagne qui concerne à la fois M. Temer et Mme Rousseff. Pour lui, le contenu de cet enregistrement, par ailleurs de piètre qualité, ne permet pas d'établir de façon irréfutable qu'il donne son aval pour le versement de pots-de-vins.

France 2 largement devant TF1 pour la passation de — Audiences
Il a alors prononcé un discours dans lequel il a fixé ses ambitions pour la France durant son quinquennat (lire ci-dessous). Pendant de longues minutes, la voiture de François Hollande l'a attendu dans la cour de l'Elysée, au bout du tapis rouge.

Sharapova invitée (wild-card) au tournoi de Birmingham — Tennis
Cette suspension est aujourd'hui terminée, donc Maria est aujourd'hui en capacité de reprendre sa course vers le haut niveau. Vainqueur en 2012 et en 2014, la Russe devra donc attendre pour soulever un troisième trophée à Paris.

Revivez l'annonce du nouveau gouvernement par le secrétaire général de l'Elysée
Nicolas Hulot, ministre de la Transition énergétique, est sans aucun doute la première prise de guerre d'Emmanuel Macron. Jean-Yves Le Drian, 69 ans : ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

Après avoir entendu la bande audio, Michel Temer est plus résolu que jamais à se battre, a dit un de ses porte-parole.

Ses propos ont été enregistrés par un chef d'entreprise.

Pour l'opposition, il n'y a aucun doute: Temer doit démissionner.

Plusieurs motions d'impeachment ont été déposées par des parlementaires, mais la procédure est longue et nécessite la majorité des deux tiers à la Chambre des députés puis au Sénat.

Avant d'accéder à la fonction suprême, il avait été vice-président pendant plus de cinq ans de Dilma Rousseff, qui lui a collé l'étiquette infamante de " traître " et de " conspirateur " ayant participé à sa chute.

"Aujourd?hui, la grande question est de savoir si les partis qui forment le socle du gouvernement vont quitter" la coalition gouvernementale, analyse Thomaz Pereira, professeur en droit constitutionnel à la Fondation Getulio Vargas.

Ce mouvement anti-Temer a reçu le soutien de poids de Joaquim Barbosa, premier noir à avoir été président de la Cour suprême et voix très respectée dans le pays.

"Il n'y a pas d'autre issue: les Brésiliens doivent se mobiliser, descendre dans les rues et revendiquer avec force la démission immédiate de Michel Temer", a-t-il publié sur Twitter.

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