Ouverture des bureaux de vote pour les législatives — Allemagne

Vanessa Beaulieu
Сентября 25, 2017

Mais la CDU-CSU ne se dirige pas pour autant vers une victoire sans appel et s'approche, selon les sondages, des plus bas de 1998 (35,1%) et 2009 (33,8%). Les sociaux-démocrates n'ont glané qu'un peu plus de 20% des suffrages, soit leur plus mauvais résultat depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le SPD a immédiatement indiqué qu'il sera dans l'opposition après quatre ans au gouvernement d'Angela Merkel.

Martin Schulz a regretté une "journée difficile et amère pour la social-démocratie" mais a promis de se battre au Bundestag pour ses "valeurs et principes de tolérance, du respect".

Cela compliquera l'exercice pour la chancelière qui doit donc convaincre a priori et les libéraux du FDP, et les Verts, de gouverner avec elle.

"Ce qui est particulièrement déprimant pour nous est la force de l'AfD (Alternative für Deutschland) qui, pour la première fois, ramène un parti d'extrême droite au parlement allemand dans une position aussi forte. Nous allons récupérer notre pays", a jubilé Alexander Gauland, co-tête de liste de l'AfD.

Martin Schulz a qualifié cet évènement "de césure" et l'AfD "d'extrême droite", un terme généralement réservé en Allemagne aux néo-nazis.

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Répondant à la chancelière qui faisait campagne pour la continuité dans la prospérité, l'AfD tirait à boulets rouges sur Mme Merkel durant la campagne, prenant pour modèle le président américain Donald Trump et les partisans de la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne.

Thème de prédilection de cette droite dure: accuser la cheffe du gouvernement de "trahison" pour avoir ouvert le pays en 2015 à des centaines de milliers de demandeurs d'asile majoritairement musulmans.

Les Allemands votaient hier pour des législatives qui devraient confirmer Angela Merkel à la chancellerie pour un quatrième mandat, mais aussi se traduire par une percée historique de la droite populiste et nationaliste. L'AfD, mouvement anti-islam, anti-élite, anti-euro et anti-immigration, n'a cessé de radicaliser son discours durant la campagne, proclamant par exemple que "l'Allemagne (était) devenue un refuge pour les criminels et les terroristes du monde entier", ou le droit d'être fiers des soldats allemands des deux derniers conflits mondiaux. Du jamais-vu dans un pays dont l'identité d'après-guerre repose sur la lutte contre les extrêmes et la repentance pour les crimes du IIIe Reich. Ce phénomène, bien connu en Europe, avait jusqu'ici épargné l'Allemagne. Ce dernier risque donc un score historiquement bas et une quatrième défaite de rang après avoir peiné à se poser en porteur de changement, son parti gouvernant avec Mme Merkel depuis 2013. A en croire les sondages, une seule possibilité resterait alors: une alliance de la CDU-CSU avec le FDP et les Verts. Mais les divergences entre écologistes et libéraux sur l'avenir du diesel ou l'immigration s'annoncent très compliquées à gérer.

Les tractations pourraient durer des mois.

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