Le ministre chargé du Brexit démissionne — Tensions avec May

Vanessa Beaulieu
Juillet 9, 2018

David Davis, le ministre britannique en charge du Brexit, a annoncé sa démission dimanche peu avant minuit, entraînant une grave crise gouvernementale et ruinant les efforts de Theresa May pour rallier l'aile dure des conservateurs à son plan post-Brexit, qui maintient des relations étroites avec l'Union européenne (UE).

Le ministre britannique en charge du Brexit David Davis a démissionné de son poste, a indiqué l'agence de presse PA dimanche soir sur base de sources anonymes.

Lundi sur la BBC, il a estimé que Theresa May survivrait à son départ, affirmant qu'il n'avait pas l'intention, à ce stade, de disputer son leadership. À neuf mois du Brexit, Theresa May subit des pressions intenses de la part de l'UE et de nombreuses entreprises pour qu'elle clarifie sa position dans les négociations.

"Au mieux, nous serons dans une position de faiblesse pour négocier" avec Bruxelles, a estimé ce vieux routier de la politique britannique. "L'intérêt national exige un secrétaire d'Etat en charge du Brexit qui croit fermement en votre approche, et pas seulement un conscrit réticent", a-t-il ajouté dans son texte. Sa démission a été suivie de celle des secrétaires d'État au Brexit Steve Baker et Suella Braverman, selon les médias britanniques.

L'eurosceptique Dominic Raab a été nommé lundi 9 juillet ministre du Brexit du gouvernement britannique après la démission la veille de David Davis, en désaccord avec les orientations de la première ministre, Theresa May, a annoncé Downing Street.

Dans une lettre adressée à David Davis, Theresa May a salué sa contribution "à certaines des législations les plus importantes pour des générations".

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Par ailleurs, il a même suivi le match au jardin de l'Elysée avec une multitude d'enfants. Il s'agira d'un simple aller-retour, sans rencontre diplomatique prévue, a-t-on précisé.

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Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par Ankara, mais aussi par l'UE et les États-Unis. Lundi marquera également l'entrée en vigueur d'un nouveau système présidentiel .

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L'Union européenne, qui aimerait voir les discussions enfin progresser, doit désormais se prononcer sur ce plan. Mais à peine publié, ce projet suscitait toutefois déjà des réactions critiques du côté des eurosceptiques.

Dans le détail, les propositions de la Première ministre prévoyaient de créer une zone de libre-échange avec l'UE et un accord douanier, pour préserver un commerce "sans friction " avec le continent.

Mme May doit leur dire que son projet est "le bon Brexit", "le Brexit qui est dans l'intérêt national".

Avant de les présenter à Bruxelles, Theresa May doit les détailler lundi aux députés britanniques ainsi qu'à son Parti conservateur.

Le quotidien précise que Jacob Rees-Mogg, député conservateur et farouchement eurosceptique, a d'ores et déjà annoncé qu'il voterait contre le plan: "Si les propositions sont telles qu'elles apparaissent, je voterai contre, et d'autres pourraient faire de même".

Dans une lettre ouverte, le fondateur de la marque de boissons Innocent, Richard Reed, rejoint par une centaine d'entrepreneurs et dirigeants d'entreprise, a estimé que "le coût, la complexité et la bureaucratie engendrés par la sortie de l'union douanière et l'adoption d'arrangements alternatifs sont la dernière chose dont nos entreprises ont besoin".

Le groupe Philips, qui emploie 1500 personnes au Royaume-Uni, envisage de fermer son usine de Glemsford, dans le sud-est de l'Angleterre. Avant Philips, les groupes Airbus, BMW ou Jaguar ont déjà mis en garde les autorités britanniques ces derniers jours sur les conséquences économiques que pourrait avoir une sortie du marché unique.

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